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| UNE JOURNEE A BOUGOUNI... |
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| LES DIFFERENTES POUPEES |
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DICKEL DIALLO,
la jeune femme Peul Je m'appelle Dickel Diallo. J'ai vingt-cinq ans, mariée à Simba Dicko, quand il avait dix-sept ans. Mon mari est un célèbre éleveur avec 250 bovins. Nous sommes originaires de Mopti, au Mali en Afrique de l'Ouest. Je m'occupe du ménage et de la vente du lait au marché du village. J'extrais aussi le beurre du lait avec ma gourde. Comme cela est de coutume dans notre milieu, j'ai été fiancée dès ma naissance par mes parents. Un morceau de tissu fut attaché à mon pied par mes beaux-parents pour dire que j'appartiens à leur fils unique, Samba Dicko, qui avait alors trois ans. Depuis, ils m'apportaient des petits cadeaux. A un an, mes fiancailles ont été officialisées. A cette occasion la belle-famille offrit des calebasses de lait qui furent distribuées à tous mes parents. A chaque fête, je recevais des habits, des chaussures, des bijoux, et même un bélier lors des fêtes des moutons (Tabaski). A l'âge de mon mariage, la dote composée d'une vache, d'un boeuf, d'habits, de bijoux, de chaussures, de parfums, d'encens, fût aussitôt payée. Mes parents tuèrent le boeuf et organisèrent un grand festin. De peur de trembloter toute ma vie, notre coutume m'interdit de manger cette viande de boeuf. les cadeaux offerts en dote furent présentés à tous les parents et chacun y ajoutait quelque chose selon sa possibilité. Le jour de la célébration du mariage, tout le village était présent. Au lendemain de ma lune de miel, la nouvelle de ma virginité fut transmise aux parents par le grand griot et là encore je reçus des cadeaux et dix boeufs de la part de Samba. Notre bonheur fût au comble quand nous fument les heureux parents d'une fille baptisée Oumou. Telle fût ma vie comme la Romaine sur la tombe de laquelle on pouvait lire : "elle resta à la maison et fila la laine". |
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AMADOU DIALLO,
le berger Peul LA TRAVERSEE POUR LE "BURGU" Je m'appelle Amadou Diallo et je suis un berger Peul de Diafarabé au Mali. Chaque année les bergers se préparent avec leurs animaux pour les traversées du fleuve à pied, en quête du "Burgu", l'herbe grasse, dans la zone inondée et herbacée de la boucle du Niger. Pour la circonstance, je suis coiffé d'un chapeau appelé "Gafa" et vêtu d'un boubou. Ce chapeau fait de feuilles d'arbres fétiches me protège contre mes rivaux. Dans ma main, j'ai un bâton, insigne de ma dignité, qui m'aide à conduire le troupeau et me sert d'arme pour ma propre sécurité. Au moment du départ, tout le village en fête nous accompagne au bord du fleuve. Les jeunes filles sont vêtues de leurs parures de fête. Une fille choisie par le village offre dix noix de cola. Avant d'en croquer une, on s'engage à ramener le plus gros animal. A notre arrivée au bord du fleuve, le "Dioro", ou propritéaire, distribue son cheptel aux différents bergers. Les griots chantent et font des louanges, les bergers se lancent des défis car celui qui ramènera le boeuf le plus beau et leplus gras sera méritant et admiré. A notre retour, les bêtes sont montrées à des juges qui désignent le boeuf le plus gras des troupeaux. Le choix est porté sur l'une de mes bêtes et je reçois des mains de la jeune fille une couverture appelée "Sakaralè". j'égorge un boeuf en l'honneur de la fille et enduis son corps du sang de l'animal mais elle ne doit pas manger sa chair. Vers le soir, la fête prend fin et mon nom restera pour toujours dans l'histoire de la transhumance. |
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BALLA DJIMBA
DOUMBIA, le chasseur instrumentiste Je m'appelle Balla Djimba Doumbia. J'ai quarante et un an, marié à deux femmes et père de sept enfants dont quatre garçons. Je suis originaire du Mandé. J'ai vu le jour dans le berceau de la sorcellerie et je suis un descendant de Fakoly, neveu de Soumangourou Empereur du Sosso, chef guerrier de Soundiata. Mon grand-père fût l'un des chasseurs les plus respectés de la contrée. A sa reconversion dans la religion musulmane, mon père a du abandonner ce qui faisait le prestige et la fierté de notre famille : la chasse et la sorcellerie. C'est pourquoi je me suis engagé à faire revivre notre tradition à revaloriser cette fierté à travers la musique et la chanson. Mon talent est ma voix. Mon secret est dans mes origines. Mes protecteurs sont mes "gris-gris" et mes "tafos". Mon courage vient de mes admirateurs. Mon energie est l'histoire de ma contrée. Mon inspiration est l'art. Mon compagnon est la cora. Ma vie est la musique. |
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MOKOTAFE, la
jeune fille Kassonkaise Je m'appelle Mokotafe ("personne ne l'aime"). Je suis Kassonkaise, de la région de Kayes au Mali. J'ai quinze ans. Je dois mon nom a une coutume ancestrale de mon pays. Quand une femme ayant perdu trop d'enfants en bas âge attend un nouvel enfant, on se livre à une mise en scène vouée à déjouer les mauvais esprits... La grand-mère prend le nouveau-né et va le déposer soit sur un tas d'ordure, soit à un carrefour, et lui chuchotte à l'oreille : "personne ne t'aime". Ainsi, pourquoi les mauvais esprits voudraient-ils s'emparer de la vie de l'enfant si celle-ci n'a de valeur pour personne ? Cette scène se déroule sous l'oeil vigilant d'une tante de l'enfant postée dans un coin. Dès que la grand-mère regagne le chemin de la maison, la tante sort de sa cachette et ramène l'enfant à sa famille... Ma coiffure est également originaire d'une ancienne tradition. On l'appelle Diakité-méré (tresses de Diakité). Elles a été inventée dans notre région pour ensuite rapidement s'étendre à tout le Kasso. De nos jours, elle n'est plus souvent portée depuis l'arrivée des mèches et des perruques. cel ame désole de voir que ces pratiques modernes prennent le pas sur cette coiffure traditionnelle, car elle était le seul moyen de différencier les jeunes filles des femmes mariées. Toutes les jeunes filles portaient cette coiffure pour les fêtes et les cérémonies. C'était une coutume charmante ! |
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ZAN COULIBALY,
le chasseur Né en 1945 à Kola, non loin de Bougouni au Mali, je m'appelle Zan Coulibaly. Dans notre pays, Zan désigne le premier fils. Les Coulibaly ont été les premiers habitants de Kola, agglomération de sept villages à l'Est de Bougouni. Issu d'une famille de chasseurs, j'ai très tôt été initié à cette tradition. Mon grand-père fût un chasseur de renommée. Quant à mon père, il fit ses preuves dans l'armée nationale. Au village, de retour des champs, j'accompagnais mon grand-père dans ses randonnées où il tirait des pintades, perdrix et des singes. Curieux, je lui posais des questions sur le métier et il me confia certains secrets. Avant de prendre le chemin de la brousse, il faisait certains sacrifices. J'ai été initié aux pratiques des chasseurs. J'ai participé à plusieurs cérémonies qui se déroulaient avant les chasses collectives souvent organisées dans mon village. Pour devenir un grand chasseur, je dû prouver ma bravoure : passer des jours et des nuits seul en pleine brousse, rapporter à mon retour un grand animal mâle et cela deux fois consécutives en l'espace de deux mois. Ayant réussi ces épreuves, je fus admis dans le cercle des chasseurs à l'âge de 25 ans. A cette occasion fût donnée une grande cérémonie durant laquelle mon père m'enduit d'une eau venant d'une gourde spéciale tirée de sa case. Cette eau me protège des esprits maléfiques qui menancent les chasseurs. Toujours à cette occasion, je reçus du chef des chasseurs les objets suivants : une tenue en "bogolan" à laquelle est accroché au niveau de la poitrine un couteau, un fusil de fabrication africaine avec un long canon, une petite hâche, une corde pour attacher mon gibier, et un sifflet pour demander de l'aide aux autres chasseurs si j'ai attrapé un gibier, ou bien si je suis en danger ou perdu. Tout chasseur qui a entend un coup de sifflet en brousse doit y répondre. Après la cérémonie, au contraire du proverbe "Il ne faut pas vendre la peau du lion avant de l'avoir tué", je promis aux chasseurs de leur ramener une biche au lendemain de la nouvelle lune. Les biches étaient très rares, mais j'avais une promesse à tenir. Comment je réussis ? J'ai toujours gardé ce secret, ainsi ma renommée se répandit, tel l'Harmattan qui souffle de pays en pays... La chasse est ma passion, et je l'exercerai toute ma vie. |
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N'GNELE SANOGO,
la femme Senofou Je m'appelle N'Gnélé Sanogo, originaire de Yélékéla (Sikasso). Mon père N'Zié Sanogo est l'un des grands cultivateurs de la contrée et ma mère est ménagère. Des quatre femmes de mon père, ma mère est la première du foyer, et des vingt enfants, je suis la septième. Aujourd'hui j'ai vingt cinq ans et j'ai été mariée à l'âge de quinze ans. Je suis la première des deux femmes de mon mari. J'ai trois enfants : deux filles et un garçon. Dès cinq heure du matin je me réveille pour mes travaux du jour : après avoir préparé la bouillie pour le petit déjeuner, jeme rend en brousse avec mon panier pour le ramassage des noix de Karité. Vers neuf heures, de retour à la maison, je transporte de l'eau pour remplir mes jarres. Je fais la vaisselle et ensuite je pile le Mil pour en faire du Tô. Le repas prêt, j'amène la part de mon mari au champ situé à huit kilomètres du village. Avec mon fagot de bois et les plats vides sur ma tête, je retourne à la maison. Compte tenu de la distance, j'arrive au village vers dix-huit heures. Je chauffe l'eau pour le bain de mon mari à son retour du champ, et je pile le Mil et commence à préparer le dîner. Au retour de mon époux, il fait aussitôt sa toilette et trouve le dîner devant sa chambre. Après avoir mangé, je fais à nouveau la vaisselle, puis je me lave, me couche et dors profondément. Le jeudi, jour du marché du village, est aussi celui du repos pour les hommes. Quand à nous femmes, nous en profitons pour vaquer à nos occupation personnelles : cultiver nos petits champs, extraire le beurre des noix de karité ou faire le linge... |
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FATOUMATA NIARE,
dite Fifi Jolie, la Bamakoise
moderne Je m'appelle Fatoumata Niaré, dite Fifi Jolie, née en 1971 à Bamako, fille de Boubacar et Pendian Diallo. Mon père est administrateur civil et ma mère secrétaire à la mairie. Issue d'une famille qu'on peut qualifiée d'aisée, mon éducation fut aussi chose aisée. Scolarisée à l'âge de sept ans, je passai dans les classes supérieures et reussis mes examens avec brio. Comme récompense pour mes efforts en classe, mon père me donnait de beaux vêtements. Ma mère me conseillait de continuer à travailler assidument. Ma vie entière fût consacrée aux études, aux documentaires télévisés et au sport. Je réussis à passer le Bac deuxième partie à l'âge de dix-huit ans. Cela fût une grande joie pour toute ma famille, car il s'agit d'une épreuve très difficile ! Mes parents et amis m'offrirent de magnifiques cadeaux. Je me suis orientée à l'Ecole Nationale de Médecine de Bamako, j'en sortis avec la Mention Très Bien. A la fin de mes études, on célébra mes fiancailles avec Oumar Diakité, un camarade de promotion. Après mon mariage, je veux continuer de pratiquer la médecine pour venir en aide aux femmes et enfants de mon pays. |